Le monde comme volonté et comme représentation
Arthur Schopenhauer, 1818
EXTRAIT 1
À chaque gorgée d’air que
nous rejetons, c’est la mort qui allait nous pénétrer, et que nous chassons…
Enfin il faudra qu’elle triomphe ; car il suffit d’être né pour lui échoir
en partage ; et si un moment elle joue avec sa proie, c’est en attendant
de la dévorer. Nous n’en conservons pas moins notre vie, y prenant intérêt, la
soignant, autant qu’elle peut durer ; quand on souffle une bulle de savon,
on y met tout le temps et les soins nécessaires ; pourtant elle crèvera,
on le sait bien.
EXTRAIT 2
Le talent, c’est le
tireur qui atteint un but que les autres ne peuvent toucher ; le génie, c’est
celui qui atteint un but que les autres ne peuvent même pas voir.
© Arthur SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation (Die Welt als Wille und Vorstellung, 1818), traduction A. Burdeau, PUF, Paris, 1998, pp. 394 et 1121. Cité par Irvin Yalom YALOM, dans La méthode Schopenhauer, Le Livre de poche, Paris, 2016, pp. 9 et 56